Epître de Jacques : Chapitre 2

1 Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. 2 Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu ; 3 si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites : « Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur ! » et si vous dites au pauvre : « Toi, tiens-toi là debout ! » ou bien : « Assieds-toi au-dessous de mon marchepied ! » 4 ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises ?

La distinction dont parle Jacques est encore d’actualité, on juge souvent les gens sur leur apparence physique. Séverine et Aurélie ont eu l’occasion de faire cette expérience, elles ont toutes les deux travaillé dans une agence bancaire : quand on voit une personne bien habillée, qui s’exprime bien, on imagine qu’elle détient un compte courant en or. Pourtant, il n’est pas rare de constater que ces gens ont des comptes très à couvert ! De la même façon, quand on voit entrer dans l’agence des gens négligés, mal habillés, on anticipe et on se dit que le compte doit être à sec. Et bien non ! Il arrive que ces gens aient un compte plus fourni que le nôtre. Relativisions, si quelqu’un n’est pas très bien habillé, c’est peut-être qu’il ne met pas tout son argent dans ses vêtements :) On est attiré par les gens bien mis, mais attention, Dieu nous demande de faire pareil pour tout le monde.

On juge sans s’en rendre compte, on examine la personne que l’on a en face de soi et on adapte son comportement en conséquence. Grave erreur ! Que se soient des jugements sur l’apparence, sur le niveau d’éducation, sur le niveau de diplômes, sur des questions d’âge, de sexe ou d’origine ethnique ou encore de religions, toutes ces occasions de ne pas entretenir de relation avec quelqu’un (« je n’ai rien à faire avec lui, c’est un catholique », « pourquoi discuter avec lui, c’est un SDF ? »…), sont le résultat de pensées mauvaises (v.4) ; un jugement, quel qu’il soit, n’a pas lieu d’être.

Jacques situe son exemple dans une église, mais le comportement que nous avons à l’église doit être le même que celui que nous avons en dehors. Imaginons que vous rencontriez une personne sans ressources dans votre église, vous vous souvenez de ce que vous a dit Jacques et vous l’accueillez les bras ouverts, c’est bien, c’est même très bien. Mais si, dans la semaine qui suit votre rencontre, vous rencontrez cette même personne, mais que vous l’ignorez sous prétexte que l’exemple de Jacques se situe dans une église, ce n’est pas bien, pas bien du tout. Le comportement à l’église doit être le même que celui de la vie de la semaine, car l’enjeu est de taille (on verra cela au v.14).

Jacques nous met en garde contre la partialité car il en connaît les conséquences (conséquences pour la personne qu’on juge et conséquences pour nous qui jugeons).

5 Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? 6 Et vous, vous avilissez le pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux ? 7 Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez ? Quelle bêtise de privilégier les riches, ceux qui nous semblent avoir de la valeur. Jacques ne se gêne pas pour nous provoquer. Et si, après tout, on avait davantage à attendre des personnes pauvres ?

8 Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Écriture : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », vous faites bien. 9 Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. 10 Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous. 11 En effet, celui qui a dit : « Tu ne commettras point d’adultère », a dit aussi : « Tu ne tueras point ». Or, si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi.

Dans cette partie, Jacques fait un rapprochement entre l’écriture et le comportement. Aimer son prochain comme soi-même, c’est une bonne chose, mais il ne faut pas oublier que le pauvre, la personne âgée ou le “catholique” sont autant notre prochain que le riche, le jeune ou le “baptiste” (libre à vous d’adapter les exemples à votre situation personnelle :) ). Obéir à ce commandement à moitié, c’est comme y désobéir. Et désobéir à un seul commandement, c’est désobéir à tous. Et, Jacques nous le rappelle, tous les commandements se valent. Pourquoi donc ? Parce qu’ils sont tous sortis de la bouche de Dieu. « Tu ne tueras point », « tu ne voleras point », « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ta force », « tu aimeras ton prochain comme toi-même »… tous sont la volonté de Dieu.

12 Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté,

On est libre de continuer à agir comme on le fait, mais Jacques nous rappelle que nos paroles et nos actes seront jugés par Dieu. Un jour, Dieu nous jugera selon la loi de liberté à laquelle on a librement consenti en acceptant de suivre Jésus. La loi de liberté couvre donc deux notions : la première est que la loi nous rend libres et la seconde est qu’on est libre de suivre ou non la loi.

13 car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement.

Voici la conséquence que peut avoir notre partialité. Si l’on agit sans pitié envers les autres, Dieu n’aura pas pitié non plus. Si tu as de la miséricorde pour les autres, Dieu en aura pour toi.

14 Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, 16 et que l’un d’entre vous leur dise : « Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! » et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? 17 Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : « Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres ». Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres. 19 Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent.

« Parlez et agissez ». Les deux vont ensemble. C’est comme la foi et les actes. La foi ne se voit pas, comment les autres peuvent-ils savoir ce que l’on vit si l’on n’agit pas ? Et, les actes nourrissent la foi. C’est grâce aux actes que notre foi grandit et que le monde voit que nous sommes chrétiens. « Oui mais aussi il y a des non chrétiens font des bonnes actions…pourtant ils n’ont pas la foi eux ?! Alors à quoi ça sert que moi j’en fasse ? » Et bien pour deux raisons : la première c’est celle dont on a déjà parlé, les actes marchent avec la foi, c’est comme ça qu’elle devient visible ; la seconde c’est pour ne pas faire de tort à Dieu. Que dirait un non chrétien qui verrait un chrétien agir de façon toute autre que ce que sa foi commande ? « Il est chrétien, moi pas, et je vaux mieux que lui…pourquoi je serais chrétien ?? » Et oui, nos œuvres font partie de notre foi. Croire en Dieu ne suffit pas (les démons croient en Dieu, v.19), les actes permettent de faire la différence.

Les actes que nous devons accomplir sont des actes pour les autres (le sujet de la lettre de Jacques) mais aussi des actes personnels : la prière, la lecture de la Bible alimentent notre foi.

20 Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile ? 21 Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les oeuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ? 22 Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite. 23 Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice ; et il fut appelé ami de Dieu ». 24 Vous voyez que l’homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement. 25 Rahab la prostituée ne fut-elle pas également justifiée par les oeuvres, lorsqu’elle reçut les messagers et qu’elle les fit partir par un autre chemin ? 26 Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte.

Jacques nous rappelle qu’il faut agir mais attention, pas n’importe comment. Il cite tout d’abord l’exemple d’Abraham. Abraham, patriarche respecté dont Israël fait partie de la descendance nombreuse (il est bien évident que si Abraham était entré dans l’assemblée du début du chapitre, il aurait sûrement eu la place de choix). Ce grand Abraham a été justifié par les actes certes mais pas n’importe quels actes. Abraham n’a pas fait n’importe quoi, il a fait ce que Dieu lui avait demandé. C’est parce que Dieu lui a demandé de sacrifier son fils qu’Abraham l’a offert en sacrifice (Genèse 22 :1-12). Dieu demande des choses différentes à chacun, il ne demande pas forcément des choses impossibles. Il n’est pas question de faire tout et n’importe quoi dans le simple but d’agir (n’allez pas sacrifier votre petit frère !). Il faut chercher la volonté de Dieu. Mais il faut le craindre aussi, comme Rahab, la prostituée de Jéricho. Si Rahab était entrée dans l’assemblée dont parle Jacques, elle aurait sûrement été mal traitée. Pourtant, Rahab est citée en exemple au même titre qu’Abraham (vous comprenez maintenant l’importance d’agir de la même façon envers tout le monde ?). Rahab, tout comme Abraham, a été justifiée par les œuvres. Mais pas seulement par les œuvres, elle avait aussi la foi. Si cette prostituée de Jéricho n’avait pas reconnu que Dieu était puissant (Josué 2 : 11) elle n’aurait pas aidé les espions de l’armée de Josué. C’est parce qu’elle croyait fermement que Dieu était tout-puissant qu’elle s’est compromise.

Mais si elle avait cru que Dieu était puissant mais qu’elle n’avait pas agi comme elle l’a fait envers les espions…à quoi lui servait-il de croire ? La foi sans les actes, cela n’est pas possible. Imaginez un expresso sans café ! C’est absurde hein ? Et bien la foi sans les actes c’est pareil… c’est même pire.

« Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte »